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Unité de Recherches Avicoles

Unité de Recherches Avicoles

Activités de Recherche

 1- Objectifs :

  • Etudier le déterminisme génétique de l’efficacité digestive chez le poulet de chair, en interaction avec l’alimentation et l’environnement.
  • Etudier les mécanismes physiologiques associés à une sélection génétique conduite pour améliorer l’efficacité digestive chez le poulet de chair.
  • Evaluer les intérêts économiques et environnementaux de cette sélection génétique.

    

2- Activités et compétences :

Une sélection divergente de deux lignées de poulets « Digestion », D+ (bons digesteurs) et D- (mauvais digesteurs), a été effectuée sur le critère de l’énergie métabolisable corrigée pour un bilan azoté nul (EMAn) mesurée à 3 semaines d’âge pour un régime à base de blé (variété Rialto). La sélection a été conduite à l’UE PEAT sur 8 générations de 2002 à 2008. Les lignées sont actuellement maintenues sans sélection à l’UE PEAT.

Depuis 2002, les deux lignées sont étudiées en interaction avec le type de céréale introduit dans l’aliment, les tailles des particules alimentaires, le taux de fibres alimentaires, les taux protéiques alimentaires, les rationnements et l’environnement bactérien.

Les compétences développées sont :

  • l’analyse des données enregistrées en vue des évaluations génétiques et génomiques,
  • les bilans digestifs individuels menés sur un grand nombre d’animaux à la fois,
  • les analyses biochimiques des aliments, des contenus et des organes digestifs,
  • la prédiction des compositions chimiques des excrétas par spectrophotométrie dans le proche infrarouge (SPIR),
  • les analyses anatomiques et histologiques de l’appareil digestif,
  • les mesures du transit et de la motricité digestive,
  • l’analyse du microbiote bactérien du tube digestif,
  • l’enregistrement et l’analyse des comportements animaux,
  • les mesures de qualité de litière et de l’air.

   

3- Résultats :

Chez les poulets D+ et D- âgés de 3 semaines nourris sur un régime à base de blé, les héritabilités des digestibilités et des rejets sont élevées, comprises entre 0,2 et 0,5. Avec du maïs, les héritabilités des digestibilités sont nettement inférieures, sauf pour la digestibilité de l’amidon. A la 8ème génération de sélection, les écarts d'efficacité digestive entre les lignées atteignent 30 à 40% chez les animaux de 3 semaines nourris sur un régime « blé », avec des rejets d’azote et phosphore beaucoup moins importants chez les D+. Corrélativement, les différences d’efficacité alimentaire entre lignées s’établissent dans le même sens et les mêmes proportions que celles observées pour l’EMAn.

Les différences d’efficacité digestive entre lignées s’observent essentiellement durant la phase de croissance, avec une tendance à disparaître à partir de 8 semaines d’âge. Les interactions [génétique x alimentation] sont nombreuses avec, en particulier, des différences d’efficacité digestive nettement moindres quand les poulets sont nourris sur un régime « maïs » (environ 6% d’écart entre D+ et D-).

Les fonctions du compartiment gastrique sont fortement associées aux différences observées entre lignées. Les poulets D- montrent la nécessité d’un stimulus alimentaire (notamment par des régimes riches en fibres) plus important que chez les D+ pour assurer le développement et le bon fonctionnement du compartiment gastrique et du pancréas. L’intestin grêle, plus développé chez les D- que chez les D+, semble surtout réagir en adaptation aux problèmes digestifs générés par les compartiments supérieurs. L’analyse génétique corrobore ces observations avec des corrélations génétiques élevées entre les efficacités digestives et la taille des compartiments digestifs (positive pour le gésier et négative pour l’intestin).

On observe que le ratio des poids [(gésier + proventricule) / intestin grêle] est positivement corrélé à l’efficacité digestive du poulet en croissance, aussi bien pour les variations d’origine génétique (D+ versus D-), que pour celles provenant de l’alimentation ou de l’environnement. 

Ce programme a également permis d’estimer les paramètres génétiques de caractères liés aux rejets des animaux, tels que le pH des fientes, leur contenu en eau ou leur concentration relative en azote et en phosphore.

Les analyses du microbiote bactérien digestif par approche moléculaire montrent des différences significatives entre D+ et D- dans les contenus et muqueuses des caeca, mais aussi dans les contenus iléaux. Ces analyses ont également montré que le génome de l’hôte contrôlait en partie la composition du microbiote, et principalement l’équilibre entre les différents groupes bactériens.

Afin de déterminer si la sélection sur l’efficacité digestive serait préjudiciable sur d’autres caractères, les lignées D+ et D- ont été comparées pour de nombreux autres caractères. Nous avons ainsi montré qu’avec un aliment « blé », les D+ présentent des tibias plus courts et plus résistants que les D-. La sélection n’a pas entraîné de modification importante du comportement alimentaire des animaux, et n’a pas entraîné de dégradation de la sensibilité aux pododermatites ou aux pathogènes (E. coli, E. tenella). La qualité des litières est globalement meilleure chez les D+, même si la qualité de l’air est légèrement dégradée chez ces derniers en fin d’élevage.

L’étude des lignées D+ et D- a permis l’identification de QTLs pour les efficacités digestives et la taille des compartiments digestifs, avec un QTL commun à un critère d’efficacité digestive et à un critère d’anatomie digestive. De nombreux QTL ont également pu être identifiés sur des caractères liés à l’efficacité digestive tels que la consommation alimentaire, l’efficacité alimentaire, la composition du microbiote ou le comportement alimentaire.