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Unité de Recherches Avicoles

Unité de Recherches Avicoles

Activités de recherches

1-Contexte et objectifs :

Aujourd’hui, les développements en matière de systèmes d’élevage doivent intégrer les différentes composantes économiques, environnementales et sociétales de la durabilité. L’alimentation représente la plus grande partie des coûts de production et des impacts environnementaux des élevages. Dans ce contexte, de nouvelles stratégies alimentaires doivent être développées pour :

  • limiter le coût des formules alimentaires et favoriser l’autonomie protéique en valorisant des ressources locales, coproduits des industries et ne concurrençant pas l’alimentation humaine,
  • épargner des ressources non renouvelables et maîtriser les rejets d’azote et de phosphore,
  • maintenir ou améliorer les objectifs de productivité dans le respect du bien-être animal et de la qualité des produits.

L’équipe Dynamiques Nutritionnelles a donc pour ambition de proposer de nouvelles stratégies d’utilisation des ressources végétales et minérales dans des systèmes plus économes en intrants et permettant de maitriser les impacts environnementaux de élevages. En raison de la complexité des systèmes d’élevage, elle développe et met en œuvre des approches multicritères et intégratives à différentes échelles.

 

2- Activités et compétences :

Les activités de l’équipe sont structurées autour de l’évaluation des matières premières et des aliments et de leur utilisation au niveau digestif en intégrant leurs conséquences (performances, rejets, santé...) à l’échelle de l’animal et du système d’élevage.

Il s’agit en particulier d’assurer une meilleure valorisation de ressources protéiques métropolitaines ou moins conventionnelles grâce à une caractérisation plus précise de leur valeur nutritionnelle et de sa variabilité notamment en fonction des procédés de fabrication. Ce volet implique le développement de méthodes de mesure et de prédiction (spectroscopie dans le proche infra-rouge, modélisation) de la valeur alimentaire des matières premières et de nouveaux critères de formulation tenant compte des nouvelles contraintes pesant sur les élevages (rejets, qualité des produits…).

Par ailleurs, il s’agit d’étudier le devenir des constituants de la matrice alimentaire (fractions minérale et azotée) dans l’appareil digestif et de quantifier les flux de nutriments absorbés et rejetés dans l’environnement pour évaluer les marges de progrès. L’équipe s’attache également à étudier le fonctionnement digestif avec un intérêt particulier porté au rôle du microbiote et aux régulations de la physiologie digestive par des approches de nutrigénomique. Il s’agit en particulier de mieux comprendre les variations de composition du microbiote en fonction de l’alimentation et des conditions d’élevage ainsi que les liens avec les processus de digestion.

Finalement, une partie des activités de l’équipe repose sur l’intégration des connaissances pluridisciplinaires grâce des approches de modélisation à différentes échelles (animal, élevage, territoire). Ces travaux ont pour objectif de développer des outils d’aide à la décision et à l’évaluation des systèmes d’alimentation et d’élevage, en lien avec les problématiques des acteurs de terrain. Ces outils permettent d’étudier les systèmes existants, d’identifier des marges de progrès et ainsi de proposer des leviers d’action pour améliorer la durabilité des systèmes d’élevage.

 

3- Résultats :

De par leur teneur élevée en fibres, les sources protéiques métropolitaines et européennes (tourteaux de colza et tournesol, drèches) sont moins riches en nutriments que le tourteau de soja importé. De plus, certaines d’entre elles renferment des facteurs antinutritionnels. Nos travaux ont permis de caractériser leur valeur nutritionnelle (valeur énergétique et protéique) non seulement chez le modèle « académique » (coq) mais aussi chez les espèces d’intérêt commercial (poulet, dindonneau et canard), puis d’en optimiser l’emploi via des procédés de fabrication (dépelliculage, addition de protéases exogènes) adaptés. Nous avons montré que le remplacement partiel ou total du soja est envisageable en fonction du stade physiologique des oiseaux, et en particulier chez ceux dont le cycle d’élevage est plus long (poulet label ou certifié), sans toutefois modifier les performances de croissance et la composition corporelle.

Les activités de l’équipe ont également permis de définir des stratégies efficaces d’optimisation de l’utilisation du phosphore alimentaire chez les animaux monogastriques prenant en compte les principaux facteurs de variation que sont le calcium et les phytases exogènes. Ces travaux ont permis de quantifier et modéliser les interactions digestives entre composés de la matrice alimentaire et leurs répercussions en termes de performances, de rejets et de bien-être (minéralisation osseuse, pododermatites).

Il a par ailleurs été montré que la structure de l’aliment (blé entier / blé broyé) et sa composition (prébiotique, extraits végétaux) de même que l’environnement d’élevage (densité d’élevage, accès à un parcours extérieur) modulait le microbiote digestif. Des relations entre composition microbienne et efficacité digestive ont par ailleurs été mises en évidence dans le cadre d’un travail portant sur des lignées sélectionnées de façon divergente sur l’efficacité digestive. Le fonctionnement digestif a également été abordé à travers des approches de modélisation à l’échelle de l’organe (tractus digestif).

A l’échelle de l’animal, les travaux conduits par l’équipe ont permis de développer un simulateur des performances (INAVI) du poulet de chair en lien avec les caractéristiques physicochimiques (énergie, protéines, granulométrie) de l’aliment et les conditions d’élevage. Des travaux de modélisation ont également permis de décrire la composition corporelle des animaux en fonction de la souche, du sexe mais également de la teneur en lysine digestible et du profil en acides aminés de l’aliment distribué.

Enfin, à l’échelle du système d’élevage, un outil d’évaluation de la durabilité couplé à des simulateurs de performances économiques et environnementales a été développé pour étudier les conséquences de changement de pratiques (alimentation, conception de bâtiment…) sur les performances économiques, environnementales et sociales de systèmes d’élevage innovants.